Cette page présente une interview récente (2006) basée sur les questions les plus fréquemment posées par les Internautes.





Jérôme Alquié, bonjour, peux-tu te présenter s’il te plaît ?

Bonjour. Je suis né en 1975 et j’ai grandi dans l’univers des dessins animés du début des années 80, avec Goldorak, Ulysse 31 et Capitaine Flam. Dès ces premières années, j’avais plaisir à dessiner ce que j’aimais voir à la TV. Ma passion du dessin est venue de là, incontestablement. Puis ce furent les années Club Dorothée, avec les dessins animés Saint Seiya et Dragon Ball, ainsi que tous les autres de cette émission. La passion du dessin fut telle à cette époque que j’ai commencé à réellement analyser les dessins animés et leur qualités artistiques. Ces séries ont joué pour moi le rôle de professeur de dessin, m’apprenant ainsi certaines techniques et la sensibilité à des styles visuels très variés. J’ai alors tenté, comme tout « élève », de comprendre et de maîtriser les styles qu’il me plaisait d’admirer à l’écran. Depuis j’ai développé les compétences au fil des années, à force de travail. Lorsque j’étais à l’école, c’était dans les marges de mes cours que les dessins se peaufinaient. Quand j’étais en vacances, c’était derrière le bureau de ma chambre que les progrès devenaient tangibles. Puis, un jour de 1997, un peu par hasard, une opportunité s’est présentée de faire découvrir mon travail de fan artiste au public, lors du festival Cartoonist. L’accueil fut si bon que cela a ouvert une nouvelle voie pour moi, celle du professionnalisme dans l’illustration.

Ton nom est devenu connu principalement à la suite de la fameuse bande annonce d’Hadès projetée au Cartoonist. Cela te pose t’il problème aujourd’hui d’être associé rapidement à ce travail en particulier, en occultant un peu le reste ?
Un problème ? Non. Pas du tout ! C’est normal… Ce fut un moment important dans ma jeune carrière, de travail acharné, de passion, de reconnaissance, de difficultés aussi. Lorsque j’ai réalisé la bande annonce, cela faisait quatre ans que je faisais des festivals à travers la France. J’avais alors un public fidèle qui venait profiter des expos pour discuter avec moi et partager ma passion et mon fan art, pas forcément que sur Saint Seiya ! Le fait d’exposer mon travail me permettait d’être connu dans l’enceinte des festivals, mais guère plus loin. Ce qui me suffisait largement d’ailleurs. Lorsque la bande annonce fut diffusée, elle fut si magnifiquement accueillie par les fans de Saint Seiya que tout à coup, sa diffusion (et mon nom qui lui était évidemment associé) a fait le tour du monde, faisant connaître l’œuvre à travers le monde des fans de Saint Seiya, et mon nom par la même occasion. Ce n’était pas volontaire, je n’imaginais d’ailleurs pas cet accueil au moment de la diffuser la première fois en avril 2001 ! (lien vers le trailer et la conférence) Mais c’est un fait. Et l’engouement qui suivit cette œuvre fut tel que je me suis retrouvé, volontairement ou pas je n’arrive encore pas à le savoir, un peu le porte parole des fans pour avoir la suite de Saint Seiya en anime. C’est bien ainsi que mon nom a circulé. En tout cas, comme vous le verrez sur le site, mon travail est loin de se limiter à Saint Seiya. Mais il est vrai que la bande annonce reste l’élément le plus « médiatique » de mon passé. Il est donc normal de faire cette association rapide entre mon nom et ce travail en particulier.

Pour revenir sur la bande annonce, on a dit beaucoup de choses sur tes intentions Quelles étaient-elles vraiment ?
On a dit beaucoup de choses et je ne le comprends encore pas aujourd’hui. J’ai donné plusieurs interviews, plusieurs articles en ont parlé à l’époque et ils rapportaient mes paroles fidèlement. Il n’y avait donc pas de quoi spéculer, me semble t’il… Lorsque nous avons préparé le trailer, cela n’avait pour seul but que de faire un énorme cadeau aux fans qui étaient frustrés de ne jamais avoir vu Saint Seiya Hades en anime. Et c’est comme cela que fut présenté et accueilli par le public. Puis, lorsque le succès fut présent, nous avons osé dévoiler aussi qu’un autre objectif était de montrer au travers de notre travail (et de l’engouement international qui s’en suivit ) que l’attente et la passion des fans était plus que jamais présente. Il n’était pas question de doubler les Japonais avec cette bande annonce, comme j’ai eu l’occasion de le lire ça et là ! (lien vers les articles) Au contraire ! L’objectif était bien de leur montrer que le public était encore là !

Lorsque Hades fut annoncé en production un an après votre rencontre avec Araki Shingo à Paris pour la diffusion du trailer, certains ont dit que c’était grâce, d’autres ont crié haut et fort que vous n’aviez rien à voir avec cela. Où est la réalité ?
Lorsqu’on a bien voulu me demander mon avis au lieu de tirer des conclusions hâtives dans un sens comme dans un autre, j’ai répondu que très honnêtement, l’impact que le trailer a eu sur la décision des Japonais de faire une suite est – et restera je pense – pour moi une totale inconnue. Il est cependant évident que ce n’est pas le travail d’un petit Français qui a décidé la plus grosse boîte d’animation japonaise à lancer en production une œuvre aussi mondialement reconnue que Saint Seiya. Oser prétendre le contraire serait une belle prétention. La décision de faire la suite était certainement en discussion depuis bien avant que je fasse ce trailer, de toute façon. Ce qui en revanche est un fait évident, c’est que le trailer, réalisé en 2001a été accueilli plus que passionnément par les fans, lors des festivals français et étrangers auxquels j’ai été invité à le projeter. Cette flamme, ce renouveau soudain et incroyable qui a suivi ses diffusions à travers le monde a rendu « tangible » cette attente des fans, atteignant son paroxysme lorsque eut lieu la rencontre parisienne avec Shingo Araki et la remise officielle de mon travail entre ses mains, pour qu’il soit à son tour le porte parole plus officiel de notre passion… Alors, dire que mon trailer est à l’origine de la série officielle est une illusion prétentieuse, mais dire qu’il n’a joué aucun rôle est peut être faux, du moins je l’espère... Pour ma part, et je me contente de cela, j’aime à penser que la passion des fans, rendue plus intense et quantifiable grâce au trailer, a été un petit élément de plus pour conforter les ayants droits dans leur décision de produire une suite.

Le public te reconnaît une maîtrise exceptionnelle du style de certains character designers connus. Cependant, une petite partie du public (principalement de Saint Seiya) pense de toi que tu es surtout un copieur, dont le talent artistique reste à prouver. Peux-tu nous dire ce que tu en penses ?
Je pense que les gens n’ont pas tort lorsqu’ils disent que certains de mes travaux sont des travaux de copistes. Cependant réduire tout ce que je fais à cela démontre une méconnaissance de mon travail en général et peut être parfois une méconnaissance de l’apprentissage artistique. Lorsque je fais certains travaux officiels sur des séries TV de mon enfance, certains me reprochent d’utiliser des poses existantes, des mises en scène plus ou moins connues… Et ce n’est pas faux. Lorsqu’il s’agit par exemple d’illustrer une série nostalgique pour des coffrets DVD d’éditeurs, il y a un cahier des charges dicté par les ayants droits à respecter qui est simple : faire des illustrations « fidèles et vendeuses ». Cela se traduit par deux points essentiels :
- celui de respecter parfaitement le trait d’époque, donc d’en maîtriser le style ou au moins s’en approcher fortement, et cela passe aussi par « imiter » certaines illustrations de l’époque ancrées dans le souvenir des gens pour que l’aspect nostalgique fonctionne bien. Je dis cela d’un point de vue artistique mais aussi commercial ! Si je devais dessiner du Saint Seiya (ou quoi que ce soit d’autre !) avec un style différent de celui de la série originale, cela ne serait pas du tout accepté par le public, et je trouverais cela personnellement très inadéquat à la qualité du produit proposé.
- Et celui de rendre plus moderne le résultat final. Ceci s’applique au fond, c’est-à-dire à certaines poses ou certains personnages rarement exploitées dans les illustrations officielles, tout comme sur la forme, c’est-à-dire la colorisation et mise en page, et cela est – pour la grande majorité des illustrations que j’ai réalisées – une valeur totalement ajoutée. Je laisse le soin aux visiteurs du site de faire un tour sur tous les travaux des séries TV (seule rubrique où cette critique peut s’appliquer !) et se faire une idée personnelle. Ces mêmes visiteurs constateront aussi que ce que je fais ne s’arrête pas forcément à ces travaux inspirés des séries TV, et que des projets personnels en cours de développement ont choisi des voies d’expression ou d’inspirations bien différentes. Mais pour revenir sur le terme de « copier ». Je voudrais faire deux remarques :

- la première est que mon éducation artistique, faute de mieux, s’est faite en copiant des œuvres existantes de dessins animés. Je ne le nie pas, au contraire. C’est là ma culture ! Tous les artistes de l’Histoire de l’Art ont copié leurs maîtres, leurs modèles avant de trouver leur voie. C’est ce que je fais moi aussi. Je n’ai pas la prétention d’être un artiste abouti, et j’ai encore beaucoup de choses à apprendre pour arriver à un style propre. Je ne vois donc pas dans ce cheminement lieu de s’en offusquer.
- La deuxième est que l’on donne parfois dans les remarques un côté très réducteur au mot « copier », le rendant synonyme de « décalquer ». Cela n’a pourtant rien à voir ! La copie, l’imitation d’un dessin, d’un style, etc… n’est certes pas l’étape ultime du développement artistique de la pensée d’un artiste ; mais elle est en revanche une étape importante pour faire sien l’ensemble des techniques utilisées par l’artiste original en question. Je compare souvent cela aux langues étrangères. Celui qui « décalque » va seulement lire un texte étranger sans le comprendre, sans savoir pourquoi il doit dire les choses de cette façon. Celui qui « copie » va bien plus loin car il apprend la langue et finit par la maîtriser, au point d’être capable de s’exprimer dans cette langue. Le cheminement est tout autre, et techniquement admirable lorsqu’il est parfaitement maîtrisé, même s’il est limité d’un point de vue artistique. C’est ce que je fais aujourd’hui pour certains travaux liés aux séries TV. Bien entendu, ces travaux là ne sont pas d’une originalité absolue ! Cela relève moins de l’artistique que de la technique ! Et ce n’est pas pleinement satisfaisant d’un point de vue purement artistique… , mais cela reste des œuvres à part entière et elle remplissent le rôle qu’on leur demande de jouer. Quant à un style « personnel », que je m’emploie à peaufiner encore aujourd’hui en explorant d’autres voies, je l’applique à des projets plus personnels, indépendants des séries TV de mon enfance.

Justement, concernant les projets officiels réalisés ces dernières années, comment le choix se faisait-il et dans quelles conditions tu les réalisais ?
La bande annonce a marqué un tournant puisque le fait d’être connu m’a permis de faire des rencontres intéressantes et générer un certain intérêt chez les professionnels de la japanimation en France. Depuis quelques années se sont succédés de nombreux projets officiels réalisés en collaboration avec des maisons d’édition et contractuellement reconnus par les ayant droits des séries comme produits dérivés officiels (figurines, coffrets DVD, posters, fiches techniques, livrets de jeux…) Le choix se fait tout simplement lorsque la série en question est relativement ancienne et que les visuels d’époque sont de mauvaise qualité (d’impression ou de définition j’entends) ou bien jugés un peu trop « rétro » pour attirer l’œil dans les rayons. Comme dit précédemment, le travail consiste alors à leur redonner une deuxième jeunesse, en modernisant l’aspect général tout en restant extrêmement fidèle au design d’époque, contrainte incontournable sans laquelle les fans des séries crieraient au blasphème. Les séries sur lesquelles j’ai eu la chance de travailler sont très différentes, de l’animation japonaise aux cartoons américains, en passant par certaines co-productions franco-canadiennes. Plus de 40 séries, plus de 400 jaquettes de DVD, entre autres…

Actuellement, tu continues toujours de bosser sur Saint Seiya et les autres séries TV de ton enfance ? Quels sont tes autres projets ?
Saint Seiya reste cher à mon cœur, mais actuellement je n’ai pas de projet en cours sur cette série. Je n’ai d’ailleurs plus travaillé sur quoi que ce soit lié à Saint Seiya depuis 2003 et la réalisation des couvertures des CD Audio chez Logarithme. Ce serait cependant avec plaisir que j’y reviendrai si la demande se manifestait… Je travaille principalement au développement de mes projets personnels, comme le livre de « l’Anneau des Sept » écrit par Arnaud mon ami de longue date, ainsi que différents projets parallèles, un peu éloignés de l’animation et dont je vous laisse le soin de découvrir les tenants et les aboutissants dans la rubrique « galeries personnelles » . Mais le plus gros de mes efforts se portent actuellement sur la pré production d’un projet de série TV animée de grande ambition intitulé « Lorghian et Sharylla » . Comme vous pourrez le découvrir en parcourant la rubrique associée, ce projet est celui d’une potentielle série TV d’animation « space opera » … - dans la lignée des dessins animés, séries TV et films de science fiction post-futuristes avec les ingrédients que l’on imagine (vaisseaux spatiaux, aliens, décors futuristes…) - très divertissante à un premier niveau de spectacle (jeune public) par son dynamisme, ses aventures très variées ainsi que l’attachement aux personnages principaux - très riche et culturellement instructive à un second degré (pour un public plus averti) par des références à l’Histoire de l’Homme, à des légendes mythologiques… Ce projet, rendu possible grâce à la passion et au travail d’une équipe de quinze personnes que j’ai eu l’honneur de mener, est actuellement en recherche de producteurs potentiels français et étrangers. Des discussions sont en cours et nous espérons qu’elles iront au bout pour nous permettre de réaliser ce beau rêve.

Au niveau de tes dessins, on aura tous remarqué ton admiration pour les characters designers Shingo Araki et Michi Himeno. Cela s’est ressenti dans le livre « l’anneau des sept ». Est ce à dire que ce style est ton préféré ?
Préféré, je l’ignore. Mais c’est vrai que je l’adore, parce qu’il s’est employé sur les séries comme Goldorak, Ulysse et Saint Seiya, qui sont mes amours de jeunesse de l’animation et l’origine de ma passion. J’aime cependant bien passer d’un style à un autre, y compris de faire des « mélanges ». Le style Araki / Himeno a été choisi pour être la base des dessins du livre l’anneau des sept, mais cela s’explique plus profondément que par mon seul goût personnel. Ce livre illustré reste au départ un roman, qui est d’assez belle qualité pour ne pas avoir besoin des illustrations pour trouver son public. Mais les maisons d’édition de l’époque s’étaient montrées réticentes à éditer un projet dans l’ambiance du Seigneur des Anneaux. Arnaud, son écrivain, sentait la possibilité d’un public fort dans le domaine du jeu de rôle (dont l’histoire est d’ailleurs issue). Partant d’un constat évident qu’une partie du public jeu de rôle est aussi public de japanimation, l’idée de l’illustrer devenait intéressante, d’autant plus que Cartoonist Factory (société en charge de vendre différents produits dérivés des festivals du même nom) était intéressée par l’édition, à condition que cela reste dans le domaine de la japanimation. Les illustrations que j’allais réaliser étaient donc ce lien fort entre les deux mondes, et permettaient enfin au livre d’être présenté au public des deux mondes. Ce livre intervenait à un moment où le trailer Hades commençait à être très connu, et le public venait me voir principalement pour le style Saint Seiya. Il était plus facile, je le reconnais, de proposer un « produit » illustré dont la base du style soit quelque chose de bien connu pour eux, afin d’introduire l’intérêt au livre plus facilement. Ce fut le cas. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que lorsque je travaille sur les illustrations de l’A7, je les fais beaucoup moins dans le style Araki que celles d’il y a 4 ans. Mais pour revenir à la question des styles, j’aime en effet tester plusieurs styles (Toriyama, Sadamoto, Matsumoto, Komatsubara). Si je devais cependant en choisir un en particulier, ce serait celui de Tsukasa Hojo, car de tous je dois reconnaître que le style quasi réaliste reste pour moi plus saisissant que tous les autres. Ce dessinateur possède un talent incomparable et m’inspire un profond respect ! J’ai d’ailleurs choisi un style pseudo réaliste pour le projet « Lorghian et Sharylla », inspiré au départ par des personnages de type Hojo, mais abordé de manière différente, mélangeant habilement comics, japanimation, trait franco belge ainsi qu’une certaine inspiration de l’art gréco-romain. Je crois que le résultat est assez concluant, si j’en crois l’accueil des professionnels de l’animation à ce projet…

D’un point de vue plus technique, quels sont les outils que tu utilises pour réaliser tes travaux d’illustrations ?
Je suis passé par différentes techniques. Aujourd’hui encore, il y en a plusieurs même si les travaux plus basés sur l’animation sont exécutés de manière « classique ». Je répondrai donc en vrac en listant les différentes techniques auxquelles je me suis frotté (pas toujours avec succès) : - le crayonné, fusain ou simple HB (voir dédicace Actarus), puis en travaillant davantage avec des mines bleues voire même à faire des compositions bichromes. (voir la rubrique une fleur...une femme) - l’aquarelle, dont je n’ai jamais été grand fan, ce qui explique en partie mon niveau plus que moyen… - l’acrylique, principalement utilisée pour tous les décors que je réalisais pour les séquences d’animation ou les posters. - Le celluloïd qui réunit le crayonné, l’encrage à l’encre de chine (Rotring de différentes tailles) puis la peinture par polyvinyliques (voir rubrique making of Clio) - Et bien entendu l’ordinateur pour une grande partie des colorisations actuelles ainsi que les effets spéciaux divers appliqués en tant que retouche des posters ou images diverses. - Depuis peu, et en collaboration avec quelqu’un qui s’y connaît bien, on explore la partie 3D avec des logiciels prévus à cet effet, mais je ne maîtrise pas encore bien les rendus et leur intégration avec des éléments 2D. Ce sera très certainement un futur objectif !

Je te remercie, as-tu un message personnel à faire passer à tous les fans de japanimation ?
Je voudrais juste ajouter un petit mot sur le métier qui est le mien (qui ne se limite pas seulement à l’illustration mais qui englobe un peu les métiers de réalisation, de gestion de projet…) Comme beaucoup de métiers, il est extrêmement difficile, très fortement soumis aux aléas du marché, et dans lequel il faut très souvent se remettre en question. La concurrence, qui très souvent est composée d’amis qui ont appris en même temps que vous et qui sont passionnés des mêmes choses que vous, est forte et il faut souvent se renouveler pour perdurer. Mais comme peu de métiers, il est extraordinaire car il apporte du rêve aux autres ! Il s’en dégage un puissant sentiment de fierté et de plaisir, lorsqu’en partant d’une feuille blanche on donne vie à un personnage ou à une émotion quelques heures plus tard… De tous les métiers que je vois passer autour de moi, il y en a peu qui peuvent se vanter à ce point de faire briller de passion les yeux de ceux qui viennent vous demander de le pratiquer pour eux… « Il ne suffit pas d’être bon pour percer », m’avait-on dit, peut être pour me décourager de le faire... Et c’est vrai ! Il faut aussi d’autres ingrédients comme une petite part d’inconscience, d’obstination, de volonté, d’abnégation et une petite dose de chance ! Je suis tous les jours conscient d’avoir eu cette chance, la chance incroyable qui est la mienne de pouvoir vivre et faire vivre ma famille grâce à ce métier, là où d’autres personnes certainement plus talentueuses que moi n’y parviennent pas forcément. En tout cas, vivre de sa passion n’est pas tous les jours de tout repos, mais c’est bien là le plus beau métier du monde ! Amicalement

Jérôme